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Exchange dans le Cloud, la protection de Microsoft est-elle réellement efficace ?

Rainer Sturm / pixelio.de

La suite Office 365 de Microsoft ainsi que le service en ligne d’Exchange reposent tous deux sur le concept de la protection des données natives. Ce concept est basé sur l’ancien postulat selon lequel le fait de garder des sauvegardes au sein d’une entreprise est une pratique totalement obsolète.


Dans les pays anglophones, on parle de  » backup-less data protection « . Avec Exchange Server 2010, Microsoft introduit un service qui protège les e-mails des utilisateurs sans nécessairement créer de sauvegardes.

Que signifie « protéger des données natives » ?

Il n’est pas difficile de comprendre comment fonctionne ce concept : la configuration repose sur plusieurs DAG (Groupe de disponibilité de la base de données) qu’ils soient actifs ou passifs. Pour mettre en place une telle configuration, l’administrateur doit copier le DAG actif contenant la/les base(s) de donnée(s) Exchange, puis disposer d’un ou de deux DAG passifs supplémentaires, qui sont ensuite utilisés pour les cas de perte de données. Les DAG passifs peuvent se situer sur le même site de production que l’actif, mais dans des environnements plus grands il est également possible de détenir un site de production avec les deux DAG actifs et passifs, ainsi qu’un site secondaire ou « site de secours » avec deux DAG actifs et passifs en cours d’exécution. Dans ce scénario, si quelque chose se passe mal avec le serveur d’échange productif, l’administrateur pourra basculer vers les bases de données « passives » pour récupérer ses boîtes mails ainsi que ses e-mails. Pour résumer, une infrastructure complexe et beaucoup de matériel sont nécessaires pour installer dans ses propres locaux un environnement de sauvegarde Exchange des données natives.

 

Lire aussi : Office 365 : Différentes options d’abonnement, différentes possibilités de sauvegarde ?

 

Ce qui fonctionne pour une grande entreprise munie de plusieurs serveurs et de beaucoup d’espace libre sur disque ou cartouche magnétique ne fonctionnera pas forcement pour les PME. Par ailleurs, la plupart des grandes entreprises sont soumises à des règlements stricts (ou des plans de reprise après sinistre/de continuité d’activité) en la matière, imposant la mise en place de sauvegardes afin de pouvoir conserver et récupérer les données d’une période spécifique.  Elles ont également la possibilité de récupérer des emails sur place dans un court laps de temps et sans risque de défaillance de connexion Internet en utilisant Exchange Online.

Comment Microsoft implante ce concept dans son service Cloud en ligne Office 365?

Microsoft utilise quatre copies de base de données réparties dans deux centres de données (Data Center) et ses employés disposent d’un éventail complet de fonctionnalités comme la récupération d’objet unique, la correction de page et la réactualisation automatique pour que les boîtes mails puissent rester en ligne 24h/24. Voilà pourquoi Microsoft se permet d’annoncer qu’il garantit la disponibilité de ses services en ligne 99% du temps à l’échelle mondiale. Mais cette garantie ne concerne pas Exchange et le service clients Cloud Office. Ces derniers se reposent uniquement sur ​​des fonctionnalités minimales pour permettre aux utilisateurs de retrouver l’accès à leurs e-mails manquants ou supprimés accidentellement.

Comment récupérer ses e-mails en utilisant la méthode standard de Microsoft ?

Comme nous l’avions vu dans l’article sur les possibilités de sauvegarde des différentes versions d’Office 365 en ligne, les utilisateurs Exchange et Outlook peuvent retrouver l’accès à leurs e-mails pour plusieurs jours en les restaurant à partir du dossier « fichiers supprimés » de la boîte mail (l’équivalent de la corbeille sur Exchange). Même s’il est possible de prolonger la période par défaut (14 jours) dans les versions Exchange Server hors ligne, ce n’est pas le cas par défaut dans la version Online, vous devez obligatoirement souscrire un abonnement d’entreprise à un prix plus élevé, comme l’abonnement E3 ou E4, et c’est pour cette raison que les besoins en matière de sauvegarde de la plupart des entreprises ne sont pas satisfaits.

Conclusion

Bien qu’elle soit appelée « protection des données natives », la fonctionnalité de Microsoft n’aide pas l’utilisateur à se protéger contre la perte de données. Ce concept, élaboré à la base pour les produits Exchange Server, est utilisé dans des cas de récupération sur site auprès des entreprises. Il est désormais utilisé également pour le Cloud. Il ne s’agit ni une solution de sauvegarde en ligne implantée, ni d’un outil de récupération, c’est une fonctionnalité qui aide l’utilisateur à récupérer ses données en cas de suppression accidentelle d’e-mails ou des pièces jointes.

Pour résumer, le service en ligne d’Office 365 ne propose qu’une configuration de sauvegarde des données natives : cela signifie que seul Microsoft conserve les sauvegardes pour une période limitée (celles-ci étant accessibles seulement aux employés Microsoft pour la récupération des bases de données en ligne Exchange dans le cas où une erreur leur incombant survient). Il est ainsi recommandé aux clients de toujours effectuer leurs propres sauvegardes, particulièrement pour protéger les emails et boîtes mail stockées dans le Cloud.

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